Comme dans chaque Eden, il y avait une pomme, une erreur, une tare qui pouvait tout foutre en l'air. Et la mienne est de taille. Elle est étalée sur la soie, une tentation châtain aux yeux caramel.
Cela fait quatre mois que nous sommes ensemble maintenant. Trois mois de pur bonheur, de pur désir. Mieux que la clope, mieux que la plage, mieux que la baise, mieux que la vitesse, mieux que le joint, mieux que l'adrénaline, mieux que la vie.
Nuits de folies et journées de zombie, notre misérable et insignifiante petite existence suit son cours, paisiblement, seulement perturbée par tes gémissements et ton rire. A toi seul, tu pourrai combler le vide d'une population entière disparue, et l'écrin que je suis t'accueille chaque fois avec plus de plaisir.
Bon, je ferme la parenthèse poésie et rangnangnan, ravalez vos larmes d'émotions, la séquence sentimentale est finie, désolé pour les jolis c½urs en quête d'un peu de tendresse dans un monde si dur.
En fin de compte, ce monde n'est pas si dur que ça, pour moi c'est un monde de bisounours et de schtroumpfs, où l'immonde Madame Pireaux est le méchant Gargamel et où le gentil Paul est devenu le schtroumpf grognon.
Que d'adorables comparaisons, ne trouvez vous pas ?
Moi aussi je m'admire.
Je pense que Tom et sa fameuse modestie devenue maintenant légendaire déteint sur moi. Manquerez plus que nous soyons jumeaux, et le tableau serait parfait !
Maintenant, parlons de moi, plait-il.
Grâce à mon physique exceptionnel et à mon allure hors du commun, j'ai signé mon premier contrat, et je suis maintenant mannequin officiel de la saison printemps-été de ce cher Dior.
Avouez, aller, que j'ai la classe. L'argent ne manque pas, l'amour non plus. A la limite, ce qui pourrait manquer serait une provision de capotes, j'ai l'impression que notre couple se ruine en capotes. Cela peut paraître stupide, mais c'est foutrement vrai ! Tous ces petits détails qu'on ne raconte pas dans les films ou dans les vieilles cassettes Disney.
Mais sii, vous savez, quand ils disent « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant », ils oublient de préciser qu'à la fin ils finissent ruinés quoiqu'il arrive ! Ou ils se ruinent à cause de toute leur ribambelle de gamins heureux de vivre, ou ils se ruinent en capotes.
Monde cruel et injustice certaine.
Vous vouliez du romantisme ? Allez sur TF1, à 14heures tous les jours, il y a les feux de l'amour.
Le romantisme n'est pas la spécialité de la maison voyez-vous, omis de temps en temps pour les occasions spéciales, sinon la passion est la clef de la réussite de notre couple.
N'est-ce pas wonderful ?!
Trêve de pensées incongrues, je dois filer au boulot. Une fine pluie et une chapelle d'épais nuages recouvrent Paris, comme un manteau. La température est décidemment très fraiche, et c'est les joues et le nez rouge que j'arrive à l'agence. Pénétrant dans le hall d'entrée de marbre et délicieusement réchauffé grâce à l'immense cheminée de marbre blanc, je m'avance vers Vanessa, la nouvelle réceptionniste qui rougit dés que je m'approche. Un sourire charmeur, un bonjour mielleux, et je récupère mon book de la veille. Filant vers les vestiaires pour me changer pour la séance photo dans trente minutes, je m'assois sur les bancs et m'apprête à enlever mes santiags lorsque j'entends des voix qui chuchotent en français. N'y prêtant au début pas attention, je continue mon déshabillage minutieux jusqu'à entendre clairement mon prénom.
Arrêtant alors tous mouvements, aussi discret qu'une souris, je m'approche de l'origine des voix. Un monsieur d'une cinquantaine d'année, le crâne dégarnit et un bon embonpoint discute avec Paul. Dans ses mains il tient une photographie de moi et une de Tom.
Qu'est-ce-que c'est ce bordel ?!
Paul a l'air furax, et sa voix, bien que chuchotée, trahit son immense colère. Un peu pâle et le souffle saccadé, il est décidemment très beau.
Tom a vraiment bon gout...
Que dois-je faire ? Je suis dans mon droit d'être dans les vestiaires à cette heure là, mais je ne veux pas que Paul me déteste plus qu'il ne me hait maintenant, j'aimerai essayer de rester en bon termes avec lui, et qu'il me surprenne en train de l'espionner ne doit pas être le meilleur moyen pour rentrer dans ses petits papiers.
Je m'éclipse alors, prend mes affaires, et sors doucement des vestiaires, pour ensuite re-rentrer assez bruyamment pour qu'ils prennent conscience de ma présence. Les chuchotements s'arrêtent net, et c'est un Paul légèrement verdâtre et un petit vieux assez content de lui qui s'offrent à ma vue.
-Ah, mais quand on parle du loup mon cher Paul, nous en voyons la queue ! dit l'inconnu en anglais en me faisant un clin d'½il.
L'ex petit ami de Tom pince les lèvres et ses joues deviennent rouges sous le coup de la rage. Il s'avance vers moi et me prend à l'écart.
Qu'est-ce-que j'ai bien pu faire encore ? J'avoue que je suis mort de stress à l'idée qu'il pourrait me reprocher quelque chose, ou à Tom.
-Ecoute Bill, tu vis ta vie avec Tom, et je ne voulais pas que nos différents interfèrent dans notre travail, hors ce gros perfide et vicieux de Jenkins en a décidé autrement. Il est directeur des photographies et de la médiatisation de cette agence, et en d'autres termes, c'est notre supérieur direct. Il a remarqué une ressemblance physique assez frappante je dois le dire entre Tom et toi. Il s'arrête pour reprendre son souffle et continues sa tirade : il veut que vous posiez tous les deux nus, en toute « bonne âme et conscience » dit-il, mais à mon avis, il conte bien de rincer l'½il pendant la séance photo. Enfin bref, ceci n'est pas le sujet principal. Normalement, pour des photos nues, il doit avoir votre accord, hors, ici il semble vouloir contourner cette règle en me faisant un chantage des plus abominables... Tu m'en vois sincèrement navré et hors de moi, mais je ne peux rien faire. Le photoshooting est pour demain. Je suis désolé... Pourrais-tu le dire à Tom s'il-te-plait ? J'ai... enfin, j'ai des choses à faire. Voila, c'est ça.
J'espère que le vieux schnok ne pensait pas à faire une immense partouze, car il va être déçu. Poser nu, encore ne me dérange pas, mais qu'on ne me demande même pas mon avis m'énerve au plus haut point.
-Quel connard, dis-je en sifflant.
Paul hoche la tête, et me presse l'épaule avant de sortir de la pièce.
N'empêche, je me demande quel chantage ce sale porc de Jenkins a pu faire à Paul pour qu'il cède aussi facilement. Ca ne doit pas être beau à voir...
- Tourne toi Cécilia, un peu plus, voilà parfait. Maintenant tu te déhanches principalement du côté gauche, car la jupe est fendue de ce côté-là. Voilà, parfait ! Tu vas tous les faire tomber ma belle !
Quelques répétitions de défilés plus tard, je file voir Pierre qui m'attend avec mon emploie du temps des jours à venir. Je trouve celui-ci en train de jacasser comme une poule devant la machine à café. Dés qu'il m'aperçoit, il se fend d'un énorme sourire spécial faux cul, et s'approche de moi.
-Tooom, ça fait plaisir de te voir ! J'ai une petite gâterie pour toi, ton prochain défilé est à Viennes, après demain, pour la maison de couture Channel. Je t'ai choisit madame Pireaux comme assistante. (Je respire un bon coup, décidemment, ce n'est vraiment pas mon jour de chance...)
Et blablablabla, il ne s'arrête jamais celui là ? Je prends d'un coup sec les billets d'avion qu'il me tend, et m'en vais en direction du bureau de Paul, pour lui donner le rapport des nouvelles photos de Brandon, notre nouvelle recrue, canon mais avec beaucoup moins d'avenir que Bill.
Je toque. Personne. Je retoque. Toujours aucune réponse. J'ouvre alors doucement la porte, et pénètre dans ce lieu qui fut tant de fois le lieu de nos ébats. Principalement sa grande table ronde en verre.
Que de souvenirs chargés d'érotisme...
C'est toujours un joyeux bordel. L'odeur de la pièce est un mélange de renfermé, de thé vert, de pomme et de musc. J'ai l'impression de violer un sanctuaire sacré ; aussi silencieux qu'une souris, je m'avance doucement pour déposer le dossier sur sa table. Une montagne d'autres feuilles s'étale un peu partout, mais un dossier rouge vif attire particulièrement mon attention. Je le prends, et lis dessus :
« Actes de naissances de William (Nda : Bill est le surnom légal de William) et Thomas Kaulitz ».
Mon c½ur s'arrête et le sang me bat violemment les tempes. Mes jambes flageolent. Je suis partagé entre l'envie d'ouvrir cette petite feuille cartonnée qui contient la seule trace de mon frère jumeau partit trop tôt. Mes pensées sont interrompues par une porte qui s'ouvre.
Je me tourne vers celui qui vient de me déranger pendant un moment si important, et l'intrus n'est autre que Paul lui-même. D'un regard vide je me tourne vers lui ; quand il voit le dossier que j'ai entre les mains, il se précipite pour me l'arracher.
Je ne comprends pas. Je ne suis plus apte à réfléchir correctement. Qu'est-ce-que ce foutu dossier fait sur son bureau ? Comment a-t-il sut que j'avais perdu un frère jumeau ? Je ne l'ai jamais mentionné en sa présence. Comment a-t-il put retrouver sa trace, alors que moi-même ainsi que ma grand-mère n'avons pas réussit ?
Une infinité de questions muettes m'envahissent, et je me sens sombré dans les abîmes de l'incompréhension et de l'inconscience.
Il me fait un vague sourire triste, en voyant que le dossier était toujours fermé. Il parle d'une voix douce, mais je n'entends pas ce qu'il dit. Je suis perdu loin ailleurs, dans les souvenirs les plus lointains de ma mémoire.
Je revois une petite main qui accroche la mienne désespérément, des turbulences, j'entends une voix fluette hurler « Tommmiiiiiii ! », des pleurs, les cris d'angoisse des hôtesses. Je ressens encore les secousses de l'appareil jusqu'au bout de mes ongles. Je le sens sombrer, la vitesse qui s'accélère toujours. Je vois le visage d'un bel homme, probablement mon père qui me dit de me cacher les yeux. Puis le noir m'engloutit.
Sans m'en rendre compte, je suis tombé à genoux et secoué par les sanglots, Paul à mes côtés, un peu gauche et mal à l'aise.
Il me murmure quelque chose qui se veut rassurant et me reconduis dehors.
Je crois que j'ai besoin de repos, le défilé de Viennes se fera sans moi.
Demain, ce soir, le plus vite possible, j'ai besoin de parler à Paul. Que peut-il me cacher ?
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Mouhahahahahaha... *se frotte les mains d'un air purement machiavélique*
Désolée de vous faire attendre si longtemps...
100 commentaires? :)
DERNIER AVERTISSEMENT : Si vous voulez etre prévenus de la suite, il faut me mettre dans ses blogs préférés. A partir de cet article, je ne préviendrais plus que ceux là! Merci encore de me comprendre v_v"
GROS BISOUS, JE VOUS AIME!
Bonne chance pour celles qui passent leur bac, et bonnes vacances aux autres!
<3333333333333333333333
EDIT EXPLICATIONS A LIRE IMPORTANT! : Bon apparament vous n'avez pas toute compris. Le VRAI prénom de Bill, cest William, et celui de Tom, THOMAS :)
Donc en gros ça fait "acte de naissance de BILL et TOM KAULITZ"...
désolée de pas avoir été claires:!
bsous